Le palimpseste urbain : lire les traces pour bâtir la résilience socio-écologique à Montréal

La crise climatique transforme profondément la manière dont les villes doivent être pensées et aménagées. Montréal n’y échappe pas : épisodes de pluies torrentielles, îlots de chaleur, pertes accélérées de milieux naturels et conflits d’usage révèlent les limites d’un urbanisme qui a longtemps reposé sur l’artificialisation massive des sols et sur l’idée implicite que le territoire pouvait être modelé à volonté. Cette vision a souvent ignoré le substrat écologique, les sols anciens, les réseaux hydrographiques naturels et les héritages forestiers. Pour comprendre les vulnérabilités contemporaines, il faut d’abord reconnaître que le territoire n’est jamais vierge. Comme l’écrit Corboz (1983), il doit être compris comme un palimpseste, c’est-à-dire un espace où les couches anciennes, même effacées ou transformées, continuent d’influencer les dynamiques actuelles.

C’est dans ce cadre que s’inscrit ma démarche de recherche. Avant mon entrée à la maîtrise, j’ai travaillé pendant des années comme graphiste, cartographe autodidacte, naturaliste de terrain et vulgarisateur. Mes premières explorations du territoire sont nées d’un intérêt pour les paysages anciens de l’Est de Montréal, que j’ai appris à retracer à partir de cartes historiques, de photos aériennes anciennes et d’observations écologiques réalisées sur le terrain. Parallèlement, mon engagement militant m’a amené à défendre concrètement plusieurs milieux naturels menacés, notamment au sein de Mobilisation 6600 parc-nature MHM.

Je vous propose d’entrer dans cette démarche de lecture critique du territoire.



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